La Tour Eiffel
Monsieur Gustave Eiffel
Une énergie indomptable, une volonté farouche, une ténacité de fer constituent le fondement du caractère de cet ingénieur de renom, qui a associé à la tour de 300 mètres un nom désormais connu dans le monde entier, même dans les plus petites localités. Son nom est peut-être plus connu que celui de tout politicien.
En plus de cela,Monsieur EiffelEst un homme bienveillant, doux, mais avec une certaine timidité dans ses relations.
Monsieur Gustave Eiffela bénéficié de précieux collaborateurs : son beau-fils, M. Adolphe Salles, ingénieur ;M. Émile Nouguier et M. Maurice Koechlin, ingénieurs de son entreprise, etM. Stephen Sauvestre, architecte.
Porté dès le début par l'opinion publique,Monsieur EiffelIl a réussi à surmonter les difficultés rencontrées lors de la réalisation de projets ambitieux, conçus pour susciter l'admiration.
Le 31 mars 1889, à un moment précis,Monsieur Gustave EiffelIl a été en mesure de planter lui-même le drapeau français sur ce monument exceptionnel, le plus haut jamais créé par l'homme.
Les origines de la Tour
L'idée première remonte à 1875, lorsque les entrepreneurs de l'Exposition de Philadelphie ont envisagé la construction d'une tour de mille pieds. Cependant, ce projet a été rapidement abandonné. L'idée a été relancée en 1880. À cette époque, on envisageait d'éclairer les voies publiques grâce à des foyers électriques puissants, installés à une grande hauteur. À Denver, des pylônes de quatre-vingt-deux mètres supportaient quatre lampes électriques qui illuminaient toute la ville. Vers la fin de 1881, un ingénieur français, M. Sébillot, a proposé d'éclairer tout Paris grâce à un foyer unique, situé sur une tour de 300 mètres. Sébillot a présenté son idée à M. J. Bourdais, architecte du palais du Trocadéro, et ces audacieux innovateurs ont élaboré ensemble un projet extrêmement détaillé, dont une présentation détaillée a été présentée à la Société des ingénieurs civils le 23 janvier 1885, et pour lequel un brevet a été déposé le 6 mai 1882.
Au cours des derniers mois de 1888, l'ingénieur M. E. Nouguier a étudié une nouvelle conception, en se concentrant notamment sur la résolution des problèmes liés à la construction d'une tour de 300 mètres.
Présenté à M. Eiffel, qui s'était déjà distingué par ses constructions de ponts à grande hauteur, le projet du jeune ingénieur ne lui a pas immédiatement plu et il a failli même le rejeter. Peu de temps après, M. Eiffel a adopté ce projet initial et l'a fait sien, et a chargé M. Kœchlin, ingénieur, et M. Souvestre, architecte, de réaliser, en collaboration avec M. Nouguier, un projet et un devis définitifs.
Inauguration de la Tour Eiffel
Monographie
Aujourd'hui, 15 mai 1889Six semaines après son arrivée à la hauteur de 300 mètres souhaitée, la Tour Eiffel ouvre ses escaliers au public, en attendant le fonctionnement des ascenseurs.À cette occasion, nous...Bulletin officielse sent obligé de publier la monographie suivante :
Des artistes s'étaient unis pour dénoncer son existence au nom de l'art. Ignoraient-ils que l'immensité peut aussi être une beauté ? Cette Tour, plus que tout autre monument, donne l'impression de force. Elle est parfaitement adaptée à une Exposition, étant donné qu'elle est l'œuvre maîtresse de l'art du constructeur. Elle apparaît à l'aube du XXe siècle, pour symboliser l'ère du fer dans laquelle nous entrons.
Au deuxième étage, et surtout sur la plateforme la plus haute, on découvre un paysage que l'œil humain n'a jamais vu. C'est là qu'il est bon de méditer sur le cours des siècles. La nature et l'histoire se déroulent l'une et l'autre dans toute leur splendeur. C'est sur cette vaste plaine qui s'étend sous vos pieds que tout le passé trouve son aboutissement. C'est là que l'avenir se réalisera.
Nous avons placé cette brève et percutante réflexion d'un des plus grands penseurs de ce siècle en première position de ce guide. Aurions-nous pu trouver quelque chose de plus précis, de plus saisissant et de plus pertinent que ces quelques phrases extraites d'un article très récent de…M. Jules Simon ?
Chronologie de l'ouverture au public
Elle a ouvert ses portes, et les premiers visiteurs ont pu accéder à l'escalier de la pile Ouest vers 11 heures du matin.
Un chalet élégant, situé au pied de chaque colonne, est destiné à la distribution des billets d'accès.
L'escalier a été entièrement rénové, de la base au sommet. Les marches sont constituées de grandes planches de chêne. Il faut noter que les marches initiales avaient été usées au point d'être pratiquement détruites par le passage des équipes de manutention de la Tour.
La montée des escaliers du premier étage (318 marches) peut se faire en trois ou quatre minutes, avec un effort soutenu dans les jambes. Si l'on monte plus lentement, cela prendra cinq ou six minutes.
Premier étage
Au premier étage, on se trouve à l'endroit où les derniers travaux ont été effectués. Les galeries et les terrasses ont été nettoyées. J'ai effectué ma visite dès le matin, afin d'évaluer l'état des lieux avant l'arrivée du public. J'ai constaté que les restaurants étaient en cours de finition.Les serveuses prenaient leur repas afin d'être prêtes à l'heure voulue. On installait les chaises, les tables et les comptoirs un peu partout. Les cuisinières étaient allumées, et l'odeur des cuisines commençait déjà à stimuler l'appétit.
Il est composé de deux grands salons, d'un petit salon et de deux bureaux, permettant d'accueillir jusqu'à 8 à 10 personnes pour le dîner. Le style Louis XV a été privilégié.Restaurant françaisEt je dois souligner le succès de la décoration. Les terrasses extérieures offrent une vue imprenable sur les jardins de l'Exposition. Le panorama est magnifique.
Le restaurant situé en face du Trocadéro devait être un établissement flamand. Il l'est, et personne ne s'en plaint.Alsace-Lorraine, de la chaîne de cafés-restaurants. Il est dirigé par M. Boll. La bière proposée est produite par la brasserie.Croix de LorraineÀ Bar-le-Duc. Sept femmes portent des costumes alsaciens, tandis que sept autres portent des costumes lorrains.
Le restaurant russe, véritable joyau architectural et décoratif de Moscou, offre une vue sur Paris. Il comprend une grande salle, dont une partie est aménagée en un bar ouvert sur des galeries. Des serveuses vêtues de costumes russes servent les clients du bar.
Ce restaurant a ouvert ses portes au public aujourd'hui. Il est géré par M. Raffestin.
Le restaurant Anglais-américain, face à Grenelle, ne constitue qu'un seul espace, vaste ; de plus, les terrasses extérieures. Sa décoration est si rafraîchissante qu'elle invite à la contemplation avant que les boissons ne désaltèrent les visiteurs. La vue depuis la terrasse du restaurantAnglais-américainIl s'étend sur Grenelle, le long de la Seine et autour du Mont Valérien. Il est exploité par les sociétés Spiers et Pound.
Nous commencions à installer les boutiques et les kiosques destinés à la vente de billets, de guides et de photographies. Ils sont très élégants.
Le deuxième étage
Avec eux, j'ai emprunté l'escalier en colimaçon qui mène au deuxième étage, et nous sommes directement arrivés à l'imprimerie.Figaro. Cette imprimerie est très bien équipée. Une petite presse rotative, tout à fait fonctionnelle, était en marche.FigaroDe la Tour, érigé à 115 mètres au-dessus du niveau du Champ de Mars, était inauguré pour la première fois.
Mes collègues étaient à leur poste. Périvier était responsable de la manœuvre; Bonnetain tenait le gouvernail.chronique; Beer et Castelane, à leur poste de travail. Autour d'eux, une équipe complète, compétente et dévouée : maquilleurs, compositeurs, etc.
Le Figaro de la Tour et le Bulletin Officielsont les deux seuls journaux produits sur place.
Au Figaro, le royaume des cieux !
Au Bulletin, c'est ici que je rédige ces lignes.
Si je commettais l'une de ces erreurs qui pourraient compromettre mon salut, je prierais Périvier, Bonnetain, Berr et de Castellane pour qu'ils intercèdent pour moi : étant placés plus près du ciel que moi.
La tour, en détail
Et commençons par découvrir cette immense tour, fruit de l'imagination d'un ingénieur déjà reconnu pour ses travaux remarquables, qui ont donné à ce dernier quart de siècle une réputation d'audace et de grandeur, sans jamais reculer face à un obstacle.Le Pont de Garabit et les Projets de canaux de Panamaavaient déjà mis en placeMonsieur Gustave Eiffelen collaboration avec les plus grands ingénieurs du monde, lors de la conception de la Tour de 300 mètres.Cette magnifique tour est également une pile de pont exposée sur le Champ de Mars. Dans cette optique, elle a été le point de départ d'une révolution dans l'art des constructions destinées à franchir des vallées et des ravins de grande profondeur, qui étaient auparavant considérés comme infranchissables. On n'avait jusqu'alors presque jamais osé concevoir des piles de pont de plus de 120 à 130 mètres d'élévation.
Monsieur Eiffela démontré qu'elle pouvait être utilisée sur une distance de 300 mètres. Par conséquent, les lignes ferroviaires ne devront plus effectuer de longues détournées pour contourner des vallées de 200 à 300 mètres de profondeur, et les trajets seront raccourcis.
Les fondations
Le Champ de Mars appartient en partie à l'État et en partie à la ville de Paris. La parcelle a été attribuée sur le terrain appartenant à la Ville.Monsieur Eiffelpour une période de vingt ans ; l'emplacement occupé par la Tour se situe au milieu du parc, créé en 1878 et complété en 1889.
La Tour est située sur l'axe du Champ de Mars. Étant donné que ce dernier est incliné à 45° par rapport à la méridienne, les quatre piliers de la Tour se trouvent donc exactement aux quatre points cardinaux. Les deux piliers situés vers la Seine sont...Nord et Ouest, celles situées à l'arrière sontEst et SudAinsi, les piles ont été nommées en fonction des points cardinaux.
Les fondations des deux piliers arrière sont construites sur une dalle en béton de 2 mètres, qui repose sur une couche de gravier et de sable d'une épaisseur supérieure à 5 mètres. Les fondations des piliers avant, orientés vers la Seine, sont réalisées à l'aide de caissons en acier de 15 mètres de long sur 6 mètres de large, pour un total de quatre caissons par pilier, enfoncés jusqu'à 5 mètres en dessous du niveau de la Seine. Les fondations sont parfaitement réalisées.
Chaque des quatre arêtes en fer de chaque pile transmet obliquement sa part de la charge supportée à son point d'entrée dans la maçonnerie. Cette charge, qui s'élève à 565 tonnes, est répartie sur une surface de 90 mètres carrés dans les piles 2 et 3, sans tenir compte de la pression supplémentaire due au vent. Cela représente une charge de 3,7 kilos par centimètre carré. De plus, en raison de la profondeur plus faible dans les piles 1 et 2, due aux fondations, la charge est réduite à 3,3 kilos par centimètre carré.
Nous décidons enfin de mener à bien les travaux d'aménagement de la fontaine de M. de Saint-Vidai, située sous la Tour Eiffel.
Les ouvriers terminent de recouvrir les bassins situés entre les statues, à l'aide de larges plaques de zinc. Les jets d'eau, installés au centre, pourront alors être mis en service, ce qui permettra d'obtenir un résultat très esthétique.
Les assises en pierre de tailleChâteau-Landonsont capables de résister à une pression de 1 235 kilogrammes par centimètre carré. De plus, la pression exercée par les ressorts en fonte qui supportent les piliers de la Tour n'est que de 30 kilogrammes par centimètre carré. Ainsi, la pierre des fondations ne subit qu'un quart de sa résistance théorique.
Il n'y a donc aucune raison de douter de la solidité des fondations. Les fondations proprement dites sont immergées dans un remblai compacté au niveau du sol. La base massive qui apparaît sous forme de roches et de soubassement n'est qu'un élément décoratif. Les roches sont composées de massifs de maçonnerie disposés de manière pittoresque, entre lesquels poussent des fleurs et des arbustes. De sorte que chaque pile semble être placée sur un énorme rocher émergeant du sol. Le soubassement décoratif, vertical et incliné, est constitué de dalles en béton.Coignet, agrémentées de motifs gravés.
Étant donné que nous sommes encore au stade des fondations, il convient de préciser que celles de la pile n°3 (Sud) se présentent sous la forme d'un espace de stockage destiné aux machines et à leurs générateurs. Cet espace de stockage est relié à une tour située derrière le Palais du Brésil, de l'autre côté du lac, par un conduit. Cette tour pittoresque est la cheminée de la salle des machines de la pile n°3.
Les travaux de construction, attaqués le 28 janvier 1887 et achevés le 30 juin de la même année, ont nécessité 31 000 mètres cubes de terrassement et ont impliqué l'utilisation de 12 000 mètres cubes de matériaux de maçonnerie.
La partie métallique
La construction métallique de la Tour Eiffel a été un exploit de précision. Elle représentait l'apogée de l'art de l'ingénieur. Les chantiers étaient organisés de manière efficace, les pièces arrivaient sur place sans nécessiter de modifications. C'est ainsi que des millions de trous de rivets et de boulons ont été percés dans les ateliers.Levallois-Perretet que ses petits chantiers mobiles, capables de s'élever avec la construction, ont permis de fixer, assembler et boulonner des éléments au fur et à mesure de leur installation, grâce à l'utilisation de grues également mobiles et élévatrices. Cette précision a été l'objet de l'admiration de tous les professionnels compétents.
L'électricité atmosphérique captée par cette masse de fer se déplace dans le sol, à travers chaque pile, grâce à deux tuyaux de 50 centimètres de diamètre, immergés jusqu'à 18 mètres en dessous du niveau de la nappe phréatique.
Ainsi, la première partie de la Tour Eiffel se compose de quatre piliers inclinés, reliés à une hauteur de 55 mètres par des poutres de 7,50 mètres, qui ont formé cette base colossale, constituant ainsi la structure rigide et fixe sur laquelle s'élève la Tour elle-même. L'espace occupé par les quatre piliers s'étend sur plus d'un hectare, car la distance entre l'axe d'un des piliers (à sa base) et l'axe d'un autre piliers est de 100 mètres.
Cette première partie du monument, mal appréciée par ceux qui manquent de patience et préfèrent se précipiter, restera un monument à la fois grandiose et élégant, et conservera son caractère artistique grâce à ses ornements.
Ces quatre arcs massifs ne sont-ils pas des cadres magnifiques qui encadrent les bâtiments magnifiques sans compromettre leurs proportions, tout comme un cadre imposant ne nuit pas à un détail particulier d'une œuvre d'art. Au contraire, ces encadrements sont mis en valeur. Ils sont aussi grands que les sujets qu'ils encadrent, et c'est tout.
Galerie du premier étage
Au-dessus, sur toute la périphérie, la galerie ou promenade se présente entièrement sous la forme d'une succession de loggias aux arcades élégantes, soutenues par de magnifiques corniches en bronze. Les frontons de ces arcades sont constitués d'un treillis disposé en éventail, dont les lignes partent d'une légère colonne. Les espaces verticaux qui séparent les loggias sont percés de cabochons en cristal de couleur dorée. Derrière chaque cabochon, un bec de gaz. Ainsi, on obtiendra une multitude de colonnes scintillantes lors des illuminations. De même, les lignes de lumière suivront les grandes lignes du monument, ce qui permettra d'apprécier la valeur artistique de cette conception cyclopéenne.
Le deuxième étage et les ascenseurs
Ainsi, nous aurons des ascenseurs et des escaliers pour accéder au deuxième étage, ainsi qu'un seul ascenseur pour monter du deuxième étage jusqu'au sommet. Commençons par les escaliers. Dans les tours n° 2 (est) et n° 4 (ouest), on trouve des escaliers avec des marches en chêne, récemment renouvelées à l'occasion de l'ouverture de l'exposition, mesurant 1 mètre de large. Il y a 318 marches pour atteindre le premier étage. L'escalier de la tour n° 4 est utilisé pour monter, tandis que celui de la tour n° 2 est destiné à la descente des piétons. Ces escaliers sont très larges et présentent de nombreux paliers.L'ascension n'est absolument pas fatigante. 2 000 personnes peuvent emprunter ce chemin, par heure, sans encombrement. Sur les quatre escaliers reliant le premier et le deuxième étage, deux sont destinés au public : un pour la montée, l'autre pour la descente. Il s'agit également des escaliers situés sur les ailes nord et sud. Ces escaliers sont hélicoïdaux et mesurent 0,60 mètre de largeur.
Au moment où nous mettons sous pression, nous apprenons queMonsieur Edisonse trouve dans le salon de l'appartementMonsieur Eiffel, au-dessus de la troisième marche.
En l'absence du constructeur de la Tour, c'est M. Sales, ingénieur et beau-père de M. Eiffel, qui présente la Tour de 300 mètres au célèbre électricien du Nouveau-Monde.
Monsieur Edisona été accueilli par M. Thomas, directeur général, et M. Ansaloni, directeur des opérations, à son arrivée. Un concert a été organisé en sahonneur de cet événement dans l'appartement de M. Eiffel, situé au sommet de la Tour.
Ce concert sera enregistré à l'aide des appareils de phonographie d'Edison, puis envoyé à New-York, où il sera reproduit phonographiquement.
C'est M. Lion, de chez Pleyel, qui sera présent.Monsieur EdisonDans ses activités de réception et de traitement de musique et d'enregistrements.
Il semble que ces appareils soient tellement perfectionnés qu'il est possible de les reproduire près de 22 000 fois. Pendant queMonsieur EdisonSitué sur la Tour, on peut y observer le passage de quarante Indiens de la troupe.Buffalo Bill, supervisés par l'un de leurs chefs.
Il y aura, de la base au sommet, trois types de monte-ascenseurs.
Il y a quatre ascenseurs pour accéder au premier étage, dont deux destinés au public. Du premier au deuxième étage, on utilise le système américain d'Otis, avec un piston hydraulique actionnant une cage massive. Un opérateur se déplace à l'aide de poulies de remontée, situées à intervalles réguliers, jusqu'au-dessus du deuxième étage, puis redescend pour se connecter à la cage.
Par conséquent, un déplacement de 1 mètre du piston d'un cylindre de 11 mètres, situé au pied de la Tour, entraîne une montée ou une descente de la cabine de 12 mètres.
Le contrepoids se déplace en glissant sous les rails de l'ascenseur. Les câbles qui supportent la cabine sont six en nombre, dont deux sont reliés entre eux et quatre appartiennent au système de poulies. Ils sont en fil d'acier. Un seul de ces câbles serait suffisant pour supporter la cabine et les passagers sans se rompre. De plus, un système de sécurité a été ajouté. Le contrepoids est également équipé d'un dispositif de sécurité, ce qui empêche sa chute.
La cabine, fabriquée par Otis, ne peut accueillir que 50 passagers au lieu de 100 ; cependant, grâce à sa vitesse double par rapport aux autres systèmes, son efficacité horaire restera la même.
Nous avons expliqué que le plancher intermédiaire était le point de départ des deux cabines. Lorsque la cabine supérieure monte, la cabine inférieure, qui sert de contrepoids, descend naturellement. Cela implique qu'il existe une station au plancher intermédiaire, comme dans un chemin de fer, pour parcourir la distance de 160 mètres. Chaque cabine effectue la moitié de son parcours, ce qui nécessite un échange de voyageurs au plancher intermédiaire, sans aucun encombrement. Les montants et les descendants passent par des portes différentes, sans perte de temps. Il faut 1 minute et 1/2 pour atteindre le plancher intermédiaire, 1 minute pour le passage d'une cabine à l'autre, et 1 minute et 1/2 pour la course supérieure. Elle est reliée par des câbles à une deuxième cabine, qui sert de contrepoids et qui se déplace entre le deuxième étage et le plancher intermédiaire, soit 80 mètres dans le sens opposé. Le total pour les deux cabines est de 160 mètres. Quatre câbles partent de la partie supérieure de la première cabine et des deux extrémités du palonnier, et, en passant sur des poulies placées au sommet de la Tour, ils soutiennent la deuxième cabine. Deux des câbles sont fixés à un palonnier sur lequel cette cabine est suspendue, tandis que les deux autres sont fixés au corps de la cabine elle-même. Ces cabines ont une superficie de 14 mètres carrés et peuvent accueillir environ 63 personnes, transportant ainsi environ 750 personnes par heure.
Un de nos collègues a fait àMonsieur Eiffelune prière à laquelle nous nous joignons avec empressement. Il s'agit d'interdire à nos soldats de pratiquer des exercices dangereux, qu'ils effectuent chaque soir en dessous de la première plateforme, à l'heure de l'allumage des lampes. Au lieu de se promener comme tout le monde sur les allées, et d'allumer leurs lampes avec une baguette particulière, ces courageux soldats, d'une témérité vraiment folle, se promènent sur une corniche de quelques centimètres, à pic sur le vide. Et comme cette acrobatie terrifiante provoque des petits cris chez les dames qui se promènent dans la Tour, les soldats, fiers d'eux-mêmes, s'arrêtent… et allument une cigarette au-dessus du vide, où le moindre faux mouvement pourrait les précipiter.
La durée totale de l'ascension, du pied jusqu'au sommet, grâce aux ascenseurs, est de 7 minutes.
Avec les escaliers, on peut estimer que 5 000 personnes pourront visiter la Tour Eiffel chaque heure.
La visite de la Tour est facultative. Pouvez-vous imaginer le nombre de personnes que la Tour peut accueillir, une fois qu'elle aura atteint sa capacité maximale de visiteurs?
Non, n'est-ce pas ?
Allez, faites le calcul.
| Chacun des restaurants situés au premier étage, soit 400, pour les quatre. | 1.600 |
| Environ 1 000 personnes pourront se déplacer dans chacune des quatre galeries extérieures. | 4.000 |
| Entre les restaurants, il y aura des espaces intérieurs pouvant accueillir plusieurs commerces. | 400 |
| Coût du premier étage. | 6.000 |
| Nous pourrons accueillir 1 500 personnes au deuxième étage et 500 personnes au sommet, pour un total de 2 000 personnes. | 2.000 |
| Les personnes en progression, ainsi que les employés, peuvent se faire évaluer par : | 2.000 |
| Et vous aurez, lorsque la Tour sera complètement fréquentée, un nombre total d'environ | 10.000 |
Dix mille personnes dans cette structure métallique ; quelle cage ! Quel bourdonnement ! Quelle vie ! Une ville dans un tube. Un mouvement perpétuel. Et dire que des jours de forte affluence, comme le dimanche, peuvent durer de 10 heures du matin à 11 heures du soir.
| Dates importantes de la Tour Eiffel | |
| Début des travaux | 28 janvier 1887 |
| Cérémonie d'inauguration et fête de clôture des travaux | 31 mars 1889 |
| Ouverture au public | 15 mai 1889 |



