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BULLETIN OFFICIELDE L'EXPOSITION UNIVERSELLE de 1889 ABONNEMENTS Pendant la durée de l'expositionParis et départements...20Français: fr.Étranger, port supplémentaire. Exposé dans la Galerie des Machines, devant le public(CLASSE 58) Annonces.................................................... la ligne3Français: fr.Réclamations..................................................... ----5 "Faits divers................................................ ---- 10 " Les annonces doivent être envoyées aux bureaux du journal, ainsi qu'à Londres.chez M. Seymour Wade, Blomfield House, London-Wall. Le Numéro : 15 Centimes. 2026. Numéro spécial. Adresse : 16, avenue de La Bourdonnais (CHAMP DE MARS), et à l'intérieur de l'exposition, au Pavillon du Bulletin Officiel(près du Secrétariat d'État à l'Économie)

L'exposition universelle de 1889

Mise en œuvre

L'exposition universelle de 1889 : La Tour Eiffel
Vue d'ensemble de l'Exposition Universelle de 1889
C'est en 1884 que l'idée d'une exposition visant à célébrer l'anniversaire de la Révolution française émerge.
Certains souhaitaient que l'initiative privée, plus audacieuse que celle de l'État, prenne en charge la réalisation de l'œuvre, en lui donnant les proportions idéalisées par l'imagination populaire.
Enfin,M. Edouard LockroyIl s'exprimait en faveur du maintien de l'État de l'organisation et de la responsabilité de l'entreprise. Il estimait qu'il était essentiel d'accueillir l'Exposition à Paris, et il choisissait une fois de plus le Champ de Mars, avec le Trocadéro et ses annexes, en raison de leur proximité et de leur facilité d'accès. Il ajoutait également l'Esplanade des Invalides, toute la longueur du quai d'Orsay, ainsi que les berges de la Seine, afin de créer un espace suffisamment vaste et cohérent.
Le 3 avril 1886, M. le Ministre du Commerce présentait aux Chambres un projet de loi dans cette direction ; et, trois mois plus tard, le 6 juillet, la loi créatrice de l'Exposition paraissait dans le Journal Officiel. L'État, la Ville de Paris et une Société de garantie, composée des personnalités les plus importantes de la finance, de l'industrie et du commerce, participaient, dans des proportions déterminées, à l'organisation financière, dont le budget de dépenses était évalué à 43 millions de francs.
Le 28 juillet, le ministre, commissaire général, promulgua un arrêté nommant trois directeurs généraux à la tête de l'Exposition : M. Alphand, pour la gestion des travaux ; M. Georges Berger, pour l'exploitation ; et M. Grison, pour les finances.


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M. Edouard Lockroyet ses trois collaborateurs se mirent immédiatement au travail. La compétition ouverte à tous les architectes français permit de faire triompher le projet deM. Formigé, M. Dutert et M. Bouvard, auxquels M. Contamin, chargé de contrôle des constructions métalliques, ainsi que M. Charton et Pierron, ont été associés.
En parallèle, le projet de la Tour de 300 mètres, conçu par M. Eiffel, était également approuvé, bien qu'il ait suscité de vives critiques et d'intenses attaques, notamment de la part de certains artistes.M. Lockroy, conformément à l'avis de la grande majorité, a été massivement soutenu et finalement adopté.
Ceux qui, comme nous, ont suivi depuis trois ans, jour après jour, la naissance et la création de l'œuvre que M. le Président de la République doit présenter à la France et au monde le 6 mai prochain, ne peuvent que constater l'ampleur des efforts, des talents, de l'activité et de l'énergie nécessaires pour aboutir à cette merveilleuse et gigantesque exposition, qui constitue la plus magnifique exposition offerte jusqu'à présent à la curiosité et à l'admiration du monde entier.

Georges Robert
Bulletin officiel, numéro spécifié de l'exposition de 1889.
L'exposition universelle de 1889 : La galerie des machines
Vue d'ensemble de la Galerie des Machines

Préparation de l'exposition avant l'ouverture

Aujourd'hui, l'œuvre, qui avait été entreprise il y a trois ans dans des circonstances très défavorables, est presque achevée, et on peut affirmer que le résultat a dépassé toutes les attentes.
Les grands palais de l'Exposition se dressent de manière imposante et magnifique au milieu du Champ de Mars : le Palais des machines, avec ses incroyables fermes de 115 mètres, conçues et exécutées avec une telle audace par M. Contamin, vous émerveillent et vous impressionnent, à l'instar de la Tour Eiffel ; le Palais des industries diverses, avec son superbe dôme et ses galeries d'entrée féériques, donnant sur les jardins ; et le Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, si brillants, si joyeux, dotés d'un caractère véritablement original et artistique.
La Tour Eiffel, malgré les moqueries et les difficultés, a atteint ses trois cents mètres, conformément aux prévisions de son inventeur, à la date prévue.
Les jardins et les parcs sont parsemés d'une multitude de constructions : expositions spéciales, telles que celles des aquarellistes et des pastellistes ; pavillons des nations américaines, certains charmants et élégants, comme ceux de la Bolivie et de la République Argentine, tandis que d'autres sont plus sobres, comme celui du Mexique ; Grand Théâtre de l'Exposition (Palais des Enfants), dont la construction, pleine de grâce et d'élégance, rend hommage à l'habile architecte, M. Ulmann ; Théâtre des Folies - Parisiennes, etc., sans oublier le pavillon du…Bulletin officiel.

L'exposition universelle de 1889
Plan de l'exposition universelle de 1889
Sur le quai d'Orsay, L'Histoire de l'habitation, cette curieuse reconstitution réalisée par le célèbre artiste, également responsable de la construction de l'Opéra,M. Charles Garnier, est entièrement achevée. Le Palais des produits alimentaires, construit sur pilotis au bord de la Seine, progresse rapidement, bien que les crues aient quelque peu ralenti les travaux. L'Exposition maritime est terminée. Les peintres du Panorama de la Compagnie transatlantique ont terminé leurs dernières touches sur cette merveille d'illusion.
Les petits arbres japonais

Nous avons été particulièrement impressionnés par les petits arbres présentés par les horticulteurs japonais. Il s'agit de cyprès, de pins et de cèdres âgés de 100 et 150 ans, dont la hauteur ne dépasse pas 50 centimètres.
Ainsi, il est possible d'avoir de petites forêts dans des pots de fleurs et des sapinières sur un guéridon. Nous nous sommes demandé comment les Japonais parvenaient à produire ces formes végétales atypiques : par la patience et le travail. Chaque branche qui pousse est couchée sur le sol et maintenue dans cette position grâce à des tuteurs et des liens. La courbure est assez prononcée, ce qui affecte la forme d'un angle droit ; la partie supérieure de la branche continue de grandir tandis que l'autre se rétracte et meurt. Chaque fois qu'un nouveau rejeton apparaît, il est traité de la même manière. En étouffant ainsi le développement de la végétation, on contraint l'arbuste à prendre les formes les plus incurvées, ce qui permet d'obtenir ces résultats surprenants.
Ce travail doit être poursuivi par plusieurs générations d'agriculteurs, car il peut durer 150 ans et plus.
Le résultat est-il esthétique ? C'est une question d'interprétation. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que l'observation de ces petits arbres explique immédiatement la forme étrange et déformée que les Japonais reproduisent sur leurs plateaux en laque, leurs bronzes et dans leurs broderies.

Les bâtiments destinés à l'Exposition des produits agricoles et horticulteurs sont mis à la disposition des exposants.
Au sein de l'Esplanade des Invalides, se trouvent notamment les palais des pays du Protectorat, le Palais de l'Algérie et le Palais de l'Exposition tunisienne, ainsi que le Résident général à Tunis, dont l'activité incessante...M. MassicaultIl s'est personnellement occupé de superviser les dernières réalisations ; les bâtiments du Tonkin, de l'Annam, de la Cochinchine et du Cambodge ; le palais du Ministère de la Guerre, le panorama de Castellani, le Pavillon gastronomique, offrent au visiteur émerveillé un aperçu de leur architecture étrange et pittoresque, et lui donnent l'impression d'un palais des « Mille et une Nuits », soudainement émergeant de la terre, face à l'imposant et rigide Hôtel des Invalides.
L'exposition universelle de 1889
Palais des enfants de l'exposition universelle de 1889
Une vie intense et trépidante règne partout. Les exposants se pressent au milieu de la foule d'ouvriers, qui s'affairent à terminer les travaux, à construire des présentoirs, à appliquer les dernières couches de peinture et de vernis. Les locomotives hurlent, tirant des wagons chargés de marchandises depuis la gare du Champ de Mars. Les marteaux frappent dans le Palais des Machines, où les constructeurs assemblent pièce par pièce les moteurs puissants et les machines énormes qui doivent garnir l'immense hall et lui donner une apparence prodigieusement mouvementée.
À peine un certain calme s'est-il instauré à l'heure du déjeuner, lorsque la foule se précipite dans les restaurants, dont certains sont ouverts depuis plus d'un mois ; les autres se disputent désormais la clientèle des exposants, en attendant celle des provinciaux et des étrangers. Quelques jours seulement, et cet ensemble gigantesque de bâtiments et de palais sera achevé.M. Carnotpeut annoncer l'ouverture de l'Exposition Universelle de 1889.

L'inauguration

Elle a donc atteint cette première étape, dont les répétitions durent depuis plusieurs mois. En huit jours, des progrès considérables ont été réalisés : les salles d'exposition, autrefois vides, sont désormais remplies, et les présentoirs, qui attendaient leurs expositions, sont presque tous garnis. Il reste encore quelques retards sporadiques, mais dans une dizaine de jours, tout le monde sera présent.
Cet ensemble industriel, bien aménagé, est divisé en deux parties principales : l'aile centrale, parallèle à la galerie des machines, est destinée aux sections françaises, tandis que les deux ailes latérales, bordées du jardin, sont réservées aux sections étrangères.


L'exposition universelle de 1889
Galerie de 30 mètres, entrée de la classe 32 (laine et textiles)
Nous avons eu une excellente idée : nous avons mis fin à l'uniformité. Chaque vitrine possède sa propre originalité et son caractère particulier. Elles peuvent être simples ou décorées, avec des colonnes ou des moulures ; c'est joyeux, c'est varié. Je ne parle pas de leur contenu, qui regorge de merveilles sur lesquelles nous reviendrons.
Nous quittons le Palais des industries diverses pour nous rendre au Palais des machines. Nous ne parlerons pas de cette admirable voûte en fer, chef-d'œuvre d'ingéniosité et de puissance, sous laquelle la colonne Vendôme pourrait s'élever sans que la statue qui la couronne touche au sommet.
Nous l'avons décrite, et l'un de nos collaborateurs, chargé des questions techniques, consacre plusieurs articles à cet extraordinaire travail de nos ingénieurs. Je me contente ici de souligner l'impression que j'ai ressentie en parcourant cette forêt de machines, qui représentent les derniers progrès de la science mécanique. On éprouve un sentiment de respect en constatant que l'outil le plus humble de la création a pu forger des instruments aussi puissants et des machines aussi formidables.
Il s'agit d'une masse d'acier en mouvement, qui provoque une sorte de vertige, et qui, sous la lumière des lampes électriques, prendra l'apparence fantastique d'un décor grandiose et féérique.

L'exposition universelle de 1889 : coutan
La fontaine Coutan et le dôme central
Nous traversons une galerie de trente mètres reliant le Palais des machines au dôme central, une sorte d'entrée monumentale sur les jardins. Cette galerie, avec ses vitraux, sa décoration luxueuse et son admirable exposition des manufactures nationales, est à la fois joyeuse et séduisante. Nous sortons de la galerie de trente mètres pour entrer dans les jardins. Est-ce bien le Champ de Mars ? Des pelouses verdoyantes, des parterres fleuris aux couleurs variées, des arbustes de toutes les nuances, des arbres aux feuilles nouvelles, des fontaines jaillissantes, un véritable parc encadré par les Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, tous abritant des chefs-d'œuvre de peintres et des objets de collection.

Nous atteignons la Tour Eiffel, qui, entre ses quatre piliers monumentaux, abrite un jardin avec la magnifique fontaine de Saint-Vidal, et qui serait considéré comme un parc par nos propriétaires terriens dans les environs de Paris.
Des rangées de corps humains remplissent les escaliers de la Tour, car les ascenseurs ne sont pas encore opérationnels ; on arrive au premier étage, une véritable ville, avec des restaurants bondés de visiteurs, et une galerie circulaire offrant une vue panoramique exceptionnelle : une colonne humaine, semblable à un serpent, s'étend jusqu'au deuxième étage.
Je quitte la Tour et me dirige vers la partie du Champ de Mars située du côté de l'avenue de Suffren ; les bâtiments des républiques américaines se touchent, avec une profusion de couleurs, de drapeaux, d'ornements, de dômes, de tourelles et de clochetons.
Je suis arrivé(e) à...Palais des Enfantsoù se trouve le grand théâtre de l'Exposition ; une salle fraîche, aux couleurs roses et bleues ; des médaillons représentant les contes de Perrault, des peintures de clowns et de danseuses, ainsi que des personnages tels que le Petit Poucet, Barbe-Bleue, l'Ogre et Peau d'Ane. Des pantomimes sont jouées, des ballets sont représentés, et l'excellent chef d'orchestre, Artus, se tient à la direction. À côté, se trouve le Pavillon de la mer, avec ses bateaux en mouvement, et le Musée japonais, qui présente l'une des reconstitutions les plus précises de la vie japonaise.
Je traverse le Champ de Mars et me dirige vers l'avenue de La Bourdonnais ; le théâtre des Folies-Parisiennes présente une représentation, un ballet très réussi. Je me rends sur le quai d'Orsay, où la rue de l'Habitation expose les constructions originales, témoignant de la diversité des commerçants étrangers qui y fabriquent des objets d'art locaux.
Je traverse le pont d'Iéna, et je me retrouve dans les jardins du Trocadéro, un véritable tableau de couleurs. On y trouve toutes les richesses de la flore, ainsi que les différentes espèces d'arbres. C'est une version civilisée de la campagne, située au cœur de Paris ; c'est la nature sublimée par l'homme.
L'exposition universelle de 1889
Porte d'entrée donnant sur le quai d'Orsay, également appelée porte de l'esplanade
Il faut terminer cette course rapidement. Je traverse le pont d'Iéna, puis je prends le chemin de fer à la Tour Eiffel, qui nous amène en quelques minutes à l'esplanade des Invalides, après avoir traversé les zones agricoles. C'est un spectacle magnifique.Mille et une NuitsOn ne voit que des dômes et des minarets, une profusion d'or et de rouge, un luxe de façades décoratives, ou une construction monumentale comme une exposition militaire. J'ai vu beaucoup de choses, mais je n'ai rien trouvé dans cette course à la gloire, et pourtant, j'avais souhaité tout voir. Je sors de là, émerveillé, et je peux le dire sans arrogance, rempli d'admiration pour une exposition qui rend un grand hommage à la France.
Je la quitte jusqu'à demain, avec l'impression inoubliable d'une expérience magique, remplie de séduction qui se poursuivra pendant six mois.

Une journée à la exposition

L'exposition connaîtra certainement de nombreuses journées similaires à celle d'hier ; mais, en fin de compte, celle d'hier restera inoubliable ! Le nombre de visiteurs a atteint 234 727. Il faut noter que le temps était favorable, ni trop chaud, ni trop froid, avec quelques averses légères, tombées au moment idéal pour nettoyer et embellir les jardins ; ainsi que la foule des ouvriers, des commerçants et des employés. — et c'est le véritable public des dimanches, qui s'est précipité en masse sur le Champ de Mars et l'Esplanade.
Vers midi, seuls des tapissiers et des véhicules étranges étaient présents dans les rues, menant à toutes les entrées de l'Exposition. Bien que le nombre de guichets ait augmenté, des encombrements et des brouilles regrettables se sont encore produits dans l'après-midi, vers 15 heures ; cependant, la foule s'est généralement organisée et a pris l'habitude de ne plus se bousculer. On arrive avec son billet et on passe rapidement, chacun à tour de rôle.
Habituellement, tout se déroule bien jusqu'à midi ou une heure ; mais c'est surtout à partir de deux heures que les visiteurs commencent à arriver. Beaucoup apportent des paniers, des paquets, des provisions achetées dans les environs, voire même des bouteilles de vin ou de bière.


Ils commencent leur visite de manière assez aléatoire, sans grande méthode, se laissant guider par l'attrait d'un objet brillant, d'une galerie séduisante.
Lorsque les yeux et les jambes sont bien fatigués, ces touristes du dimanche s'installent où ils le peuvent, dans les jardins ou sous les galeries. Vers 18h, ils sortent les provisions de leur cachette et commencent à les dévorer avec voracité, sans aucune gêne, certains sur les marches d'un escalier, d'autres sur des poutres, des caisses ou des échelles, laissées par des ouvriers dont le travail n'est pas encore terminé. On dirait un campement, comme on en voit à Longchamps lors des grandes courses.
L'exposition universelle de 1889
Les fontaines illuminées
Ces repas improvisés par les personnes modestes ou soucieuses de leur budget ne nuisent en réalité à aucun restaurateur de l'Exposition, qui, tous, sont très fréquentés et ne manquent jamais de clients. Pour compléter ce repas rapide, les modestes se procurent du pain, du jambon, du saucisson, une canette, et attendent avec impatience le moment où l'éclairage général se mettra en place et où les fontaines lumineuses illumineront la foule.
C'est à ce moment que cette foule se regroupe et se disperse le long du bassin ou sous la Tour Eiffel, afin de profiter pleinement de la vue.

Georges Robert
Bulletin officiel, numéro spécifié de l'exposition de 1889.

Inauguration de la statue de la Liberté

L'exposition universelle de 1889
La Liberté éclaire le monde
Hier, 4 juillet, nous avons célébré l'anniversaire de la proclamation de l'indépendance des États-Unis, un événement auquel la France a largement contribué.
De plus, pour organiser une grande fête lors de l'Exposition, l'administration a bien fait de choisir cette date et de consacrer toute la journée à des événements de différents types.
Mais ce sont les Américains qui ont commencé, le matin, à dix heures, par une visite solennelle au tombeau dugénéral de La Fayette, qu'ils vénèrent particulièrement, et dont la statue équestre, réduite en taille, se dresse à l'entrée de la section américaine de l'Exposition universelle. Le ministre américain à Paris, ainsi que le commissaire général de la section américaine de l'Exposition,Monsieur le général Franklin, certains soldats du peloton d'infanterie de marine, auxquels nous avons déjà exprimé nos plus sincères félicitations; lecapitaine Henry Clay CochraneLe lieutenant Murphy, de nombreux membres du comité et des dames américaines étaient présents, malgré l'heure matinale, et ont déposé des couronnes et des fleurs sur la tombe de La Fayette ; les soldats ont tiré quelques coups de feu en hommage à ce grand disparu, et l'alarme a été sonnée dans les champs.
M. Edmond de La Fayette, sénateur, ainsi que certains descendants de ce héros, étaient présents à cette cérémonie, qui, malgré sa simplicité, reproduisait fidèlement les hommages funéraires rendus aux personnalités américaines.
Après un discours du sénateur français, nous nous sommes séparés, très impressionnés.
Mais la solennité de l'inauguration de la statue de Bartholdi« La Liberté, illuminant le monde, a été, pour le dire, l'élément central de cette journée : les détails en seront donnés plus loin. »
Nous nous souvenons de cette gigantesque allégorie en cuivre martelé, qui a été expédiée en plusieurs morceaux à New York, par un navire spécial. Nous nous souvenons également de l'inauguration brillante qui s'est déroulée il y a quelques années, dans un fort de la rade de New York. Cette statue, aux dimensions considérables, est déjà connue de tous les marins qui fréquentent les ports américains, et sa lanterne étincelante guide les navires arrivants.
Bien sûr, nous ne comparerons pas la Seine à l'océan Atlantique, ni le môle de l'île des Cygnes à l'îlot de la baie de New York ; ce spectacle est évidemment moins grandiose et moins impressionnant.
Mais il faut surtout observer l'intention gracieuse et amicale qui se manifeste dans cet échange de statues, dans ce jeu de sympathies et de bonnes manières.
La France avait offert aux États-Unis une statue colossale en bronze ; la colonie américaine lui rend cette première édition de cette statue, et nous l'installons sur l'île des Cygnes, comme un souvenir durable de l'amitié entre ces deux grandes républiques.
C'est la municipalité de New York qui avait accueilli les invités français ; c'est la municipalité parisienne qui a accueilli les invités américains, à l'Hôtel de Ville : Cette réciprocité était tout à fait naturelle, et tout s'est déroulé avec une cordialité et une largeur d'esprit dignes de Paris.
Le drapeau rouge et blanc, avec un fond bleu orné d'étoiles, flotte joyeusement aux côtés du drapeau tricolore, et la fraternité entre les deux nations s'est renforcée davantage lors de cette journée spéciale.

La fête nationale du 14 juillet 1889

Bien que limité au sein de l'Exposition, le Bulletin officiel constate néanmoins que, malgré les pluies incessantes qui ont marqué le 14 juillet, la fête nationale a été très réussie à Paris, et que les Parisiens se sont mobilisés pour célébrer le centenaire.

La Tour Eiffel(L'exposition universelle de 1889)
Fête du 14 juillet : l'allumage du feu sur la Tour Eiffel et les illuminations.
La pièce maîtresse de la journée a été sans aucun doute la course de Longchamps. Dès dix heures du matin, des files de voitures et des groupes de spectateurs se dirigeaient vers le bois de Boulogne. Il ne s'agit pas, comme on le dit, de se lever tôt pour arriver à l'heure, et les meilleures places sur les tribunes et autour de la piste sont rapidement prises.
Si la revue est l'élément central de nos célébrations publiques, il faut noter qu'il y a un clou de l'année pour chaque revue : c'est-à-dire, la revue la plus appréciée. Et c'est le public, instinctivement, qui attribue cette distinction. Parfois, c'est le bataillon de Saint-Cyr ; d'autres fois, c'est Polytechnique qui est particulièrement salué, ou encore les pompiers, les artilleurs, les cuirassiers, ou les soldats de terrain.
Hier, c'était la troupe des exotiques de l'Exposition, accompagnée de la population multicœur de l'Esplanade. Nous avions formé un détachement de tous les tirailleurs des colonies, stationnés actuellement à l'Exposition : les tirailleurs sénégalais, les Annamites, les Tonkinois, les Sakalaves, tous avaient été regroupés, et sous la direction d'un officier de l'infanterie de marine, ils ont défilé au grand plaisir de tous : les Asiatiques pieds nus, avec leurs pantalons blancs, leurs petits chignons, leurs rubans rouges et leurs chapeaux de paille, ont suscité des applaudissements à répétition. Si cette parade leur a procuré un sentiment de fierté militaire, elle sera sans doute le plus beau jour de leur vie.
Tout au long de cette parade, les cavaliers arabes, comptant entre vingt et trente, se tenaient en escorte, non loin du général Saussier, et observaient avec la même curiosité que nous, bien entendu. Ce qui se déroulait devant eux, sur cette vaste plaine de Longchamps.
Ou, regardez les caprices du hasard ! Les spahis en burnous rouges, les Arabes en burnous blancs et les Oujaks, Tunisiens en burnous bleus, constituaient nos couleurs nationales.
Nous avions déjà aperçu, lors de nos revues et dans des carrousels, le manteau rouge des spahis algériens, mais nous n'avions pas encore vu les spahis sénégalais, portant le casque blanc. Nous avons également vu, pour la première fois, défiler des fantassinsannamites, ces courageux soldats, dont beaucoup portent sur la poitrine la Médaille des braves, ainsi que les Sakalaves noirs.
C'était également une première pour les oudjaks tunisiens, dont on admire quotidiennement la musique et les danses dans l'Esplanade.
Ces « oudjaks » sont les cavaliers au service des caïds et des autorités civiles tunisiennes. Leur uniforme, un burnous bleu avec des bordures rouges, est utilisé dans toute la région. Ils ont été envoyés à Paris avec leurs chevaux. Ils ont été accueillis par les cavaliers coloniaux, qui ont servi d'escorte au général Saussier, gouverneur de Paris.
Pendant la journée, il y avait beaucoup de monde sur le Champ de Mars, mais pas dans les jardins. Saint-Médard, qui souffrait d'une incontinence après plusieurs semaines de... privation, due à l'intervention de M. Alphand et Berger, a enfin pu se soulager!
Nous nous habituions, après tant de semaines de beau temps, à dire « le soleil de M. Alphand », « le soleil de M. Berger », comme on disait autrefois « le soleil d'Austerlitz ».
C'est que cette victoire, celle de notre grande et belle Exposition, est aussi une victoire à l'image d'Austerlitz : une victoire de paix et de progrès, remportée non pas sur le monde entier, mais pour le monde entier !

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Remarques concernant Google Play :4/5
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