OFFICIAL BULLETINOF THE EXPOSITION of 1889 SUBSCRIPTIONS FOR THE DURATION OF THE EXPOSITIONParis and Departments.......................... 20 fr.Overseas, the transportation add. Printed in the exhibition in the Galerie des Machines, under the eyes of public(CLASS 58) Classifieds.................................................... the line3 fr.Advertisements..................................................... ---- 5 "Various facts................................................ ---- 10 " Classifieds are received at the offices of the Journal, and London,Seymour M. Wade, Blomfield House, London Wall. The unit : 15 Cents. . Special Edition. Offices : 16, Avenue de La Bourdonnais (CHAMP DE MARS), and inside the exposition, at the Official Gazette Pavilion(near the General Directorate of Operations).

The 1889 Paris world’s fair

Mise en oeuvre

The 1889 Paris world’s fair : The Eiffel Tower
Panorama de l'exposition universelle de 1889
C'est au cours de l'année 1884 qu'apparaît l'idée d'une exposition destinée à célébrer l'anniversaire de la Révolution française.
Certains voulaient qu'on confiât à l'initiative privée, toujours plus audacieuse que celle de l'Etat, le soin de donner à l'oeuvre projetée les proportions rêvées par l'imagination populaire.
Finalement, M. Edouard Lockroy se prononça pour le maintien à l'Etat de l'organisation et de la responsabilité de l'entreprise. Il considéra qu'il y avait un intérêt de premier ordre à édifier l'Exposition dans Paris même, et il choisit une fois de plus le Champ de Mars, avec le Trocadéro et toutes ses dépendances, comme offrant l'avantage de la proximité et de la facilité des communications. Il y ajouta, toutefois, l'Esplanade des Invalides, toute la longueur du quai d'Orsay, avec les berges de la Seine, de façon à constituer un ensemble assez vaste et d'une cohésion suffisante.
Le 3 avril 1886, M. le Ministre du Commerce présentait aux Chambres un projet de loi dans ce sens; et, trois mois après, le 6 juillet, paraissait au Journal Officiel, la loi créatrice de l'Exposition. L'Etat, la Ville de Paris et une Société de garantie, composée des personnalités les plus importantes de la finance, de l'industrie et du commerce, participaient, dans une proportion déterminée, à l'organisation financière, dont le budget de dépenses était évalué à 43 Millions de francs.
Le 28 juillet, le Ministre, Commissaire général, prenait un arrêté plaçant à la tête de l'Exposition trois directeurs généraux : M. Alphand, pour les travaux; M. Georges Berger, pour l'exploitation ; M. Grison, pour les finances.


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M. Edouard Lockroy et ses trois collaborateurs se mirent immédiatement à l'oeuvre. Le concours ouvert entre tous les architectes de France fit triompher le projet de M. Formigé, M. Dutert et M. Bouvard, auxquels fut adjoint. M. Contamin, Chargé, avec M. Charton et Pierron, du contrôle des constructions métalliques.
En même temps était approuvé le projet de la Tour de 300 mètres, conçu par M. Eiffel, très critiqué et très attaqué tout d'abord, surtout par certains artistes, mais que M. Lockroy, d'accord avec la grande masse du public, soutint envers et contre tous et fit définitivement adopter.
Ceux qui, comme nous, ont assisté depuis trois ans, jour par jour, à l'enfantement et à la création de l'oeuvre que M. le Président de la République doit présenter à la France et au monde le 6 mai prochain , peuvent seuls se rendre compte de la somme d'efforts, de talents, d'activité et d'énergie qu'il a fallu dépenser pour arriver à produire cet ensemble merveilleux et gigantesque, qui constitue la plus magnifique Exposition offerte jusqu'ici à la curiosité et à l'admiration de l'Univers.

Georges Robert
Bulletin Officiel numéro spécimen de l'exposition de 1889.
The 1889 Paris world’s fair : The Galerie des Machines
Panorama sur la Galerie des Machines

L'exposition avant l'ouverture

Aujourd'hui, l'oeuvre commencée il y a trois ans, sous de si défavorables auspices, est à peu près achevée, et l'on peut dire que le résultat a dépassé toutes les espérances.
Les grands palais de l'Exposition se dressent imposants et magnifiques au milieu du Champ de Mars : Palais des machines, dont les prodigieuses fermes de 115 mètres, si hardiment conçues et exécutées par M. Contamin, vous étonnent et vous émeuvent à l'égal de la tour Eiffel; Palais des industries diverses, avec son superbe dôme et ses galeries féeriques d'entrée, en façade sur les jardins; Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, si brillants, si gais, au caractère vraiment original et artistique.
La tour Eiffel, en dépit de toutes les railleries, malgré les grèves et les mauvais présages, a atteint mathématiquement ses trois cents mètres au jour fixé par son éminent inventeur.
Les jardins et les parcs sont parsemés d'une multitude de constructions : expositions spéciales, comme celles des aquarellistes et des pastellistes ; pavillons des nations américaines, les uns charmants et coquets comme ceux de la Bolivie et de la République Argentine, les autres plus sévères comme celui du Mexique; Grand-Théâtre de l'Exposition (Palais des Enfants), dont la construction pleine de grâce et d'élégance fait grand honneur à l'habile architecte, M. Ulmann ; Théâtre des Folies - Parisiennes, etc., sans oublier le pavillon du Bulletin officiel.

The 1889 Paris world’s fair
Plan de l'exposition universelle de 1889
Sur le quai d'Orsay, l'Histoire de l'habitation, cette curieuse reconstitution entreprise par l'éminent artiste qui a construit l'Opéra, M. Charles Garnier, est entièrement achevée. Le Palais des produits alimentaires, jeté sur pilotis aux bords de la Seine, se termine rapidement, encore que les crues en aient quelque peu retardé les travaux. L'Exposition maritime est prête. Les peintres du Panorama de la Compagnie transatlantique ont donné leurs derniers coups de pinceau à cette merveille de l'illusion.
Les arbres nains du Japon

On a été fort intrigué par les arbres nains exposés par les horticulteurs japonais. Il y a là des thuyas, des pins, des cèdres âgés de 100, 150 ans et qui ne dépassent pas une hauteur de 50 centimètres:
On peut ainsi avoir de petites forêts dans des pots à fleurs et des sapinières sur un guéridon. On s'est demandé comment les Japonais arrivaient à produire ces difformités végétales : par la patience et le travail. Chaque branche qui pousse est couchée sur le sol et retenue dans cette position au moyen de tuteurs et de ligatures. La courbure est assez prononcée pour affecter la forme d'un angle droit; la partie supérieure de la branche continue à grossir pendant que l'autre s'atropine et meurt. Toutes les fois qu'il nait un nouveau rejeton, on le traite de la même manière. C'est en étouffant ainsi le développement de la végétation, en contraignant l'arbuste à prendre les dispositions les plus contournées qu'on arrive à produire ces avortons surprenants.
Ce travail doit être continué par plusieurs générations d'horticulteurs, puisqu'il dure parfois 150 ans et plus.
Le résultat est-il joli? C'est une question d'appréciation. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que la vue de ces arbres nains explique aussitôt la forme bizarre et tourmentée des végétaux que les Japonais reproduisent sur leurs plateaux en laque, sur leurs bronzes et dans leurs broderies.

Les bâtiments consacrés à l'Exposition des Produits agricoles et horticoles sont à la disposition des exposants.
A l'Esplanade des Invalides, enfin, les palais des pays de Protectorat, le Palais de l'Algérie, le Palais de l'Exposition tunisienne, dont l'infatigable Résident général à Tunis, M Massicault, a tenu à surveiller lui-même les derniers travaux ; les pavillons du Tonkin, de l'Annam, de la Cochinchine, du Cambodge; le palais du Ministère de la Guerre, le panorama Castellani, le Pavillon gastronomique, présentent au visiteur émerveillé l'aspect de leurs constructions bizarres et pittoresques, et lui donnent la perception d'un palais des « Mille et une Nuits » subitement sorti de terre à la face du rigide et imposant hôtel des Invalides.
The 1889 Paris world’s fair
Palais des enfants de l'exposition universelle de 1889
Partout règne une vie intense et agitée. Les exposants s'empressent au milieu de la fourmilière des ouvriers occupés à terminer les travaux, à construire des vitrines, à donner les dernières couches de peinture et de vernis. Les locomotives sifflent, remorquant, de la gare du Champ de Mars, des wagons chargés de marchandises. Les marteaux font rage dans le Palais des Machines, où les constructeurs travaillent à monter pièce à pièce les moteurs puissants, les machines énormes qui doivent garnir l'immense hall et lui donner une physionomie prodigieusement mouvementée.
A peine un calme relatif s'établit-il à l'heure du déjeûner quand la foule se précipite dans les restaurants, dont plusieurs sont ouverts depuis plus d'un mois ; dont les autres se disputent maintenant la clientèle des exposants, en attendant celle des provinciaux et des étrangers. Encore quelques jours, et ce gigantesque ensemble de bâtiments et de palais sera terminé, et M. Carnot pourra déclarer que l'Exposition Universelle de 1889 est ouverte.

L'inauguration

Elle est donc arrivée cette première dont les répétitions durent depuis plusieurs mois. En huit jours on a fait des prodiges: les salles d'expositions qui étaient vides sont aujourd'hui remplies, et les vitrines qui attendaient leurs hôtes sont presque partout garnies; il y a bien encore ça et là quelques retardataires : mais dans une dizaine de jours personne ne manquera à l'appel.
Ce Palais des industries diverses est d'ailleurs fort bien disposé ; l'aile centrale parallèle à la galerie des machines est réservée aux sections françaises, et les deux ailes latérales en bordure sur le jardin sont réservées aux sections étrangères.


The 1889 Paris world’s fair
Galerie de 30 mètres, porte d'entrée de la classe 32 (fils et tissus de laine)
On a eu une très heureuse idée, on a repoussé l'uniformité; les vitrines ont chacune leur originalité et leur caractère particuliers; elles sont simples ou ornées, à colonnes ou à moulures; c'est gai, c'est varié. Je ne parle pas de leur contenu, il y a là des merveilles sur lesquelles nous reviendrons.
Nous quittons le Palais des industries diverses pour nous rendre dans le Palais des machines. Nous ne parlerons pas de cette admirable voûte de fer, chef-d'oeuvre de hardiesse et de puissance, sous laquelle la colonne Vendôme pourrait s'élever sans que la statue qui la couronne touche au sommet.
Nous l'avons décrite, et un de nos collaborateurs chargé des questions techniques consacrera plusieurs articles à ce prodigieux effort de la science de nos ingénieurs. Je me borne ici à noter l'impression que j'ai éprouvée en parcourant cette forêt de machines qui représentent les derniers progrès de la science mécanique. On éprouve un sentiment de respect en constatant que le plus faible outil de la création ait pu forger des instruments aussi puissants et des engins aussi formidables.
Il y a là une masse d'acier en mouvement qui provoque comme une sorte de vertige et qui, sous les feux de la lumière électrique, prendra l'aspect fantastique d'un colossal décor de féérie.

The 1889 Paris world’s fair : coutan
Fontaine Coutan et le dôme central
Nous traversons la galerie de trente mètres qui relie le Palais des machines au dôme central, sorte d'entrée monumentale sur les jardins. Cette galerie avec ses vitraux, sa décoration luxueuse. son admirable exposition des manufactures nationales est gaie et séduisante. Nous sortons de la galerie de trente mètres pour entrer dans les jardins. Est-ce bien le Champ de Mars ? Des gazons de fine verdure, des parterres de fleurs multicolores, des arbustes de toutes les nuances, des arbres au feuillage naissant, des fontaines jaillissantes, un véritable parc encadré par les Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, tous remplis des chefs-d'oeuvre des peintres et des curiosités rétrospectives.

Nous arrivons à la Tour Eiffel qui abrite entre ses quatre piliers monumentaux un jardin avec la belle fontaine de Saint-Vidal et qui serait considéré comme un parc par nos châtelains des environs de Paris.
Des grappes humaines remplissent les escaliers de la Tour, car les ascenseurs ne sont pas encore terminés; on arrive au premier étage, une véritable ville, des restaurants remplis de visiteurs, une galerie circulaire d'où l'on aperçoit le panorama le plus merveilleux: la colonne humaine semblable à un serpent se déroule jusqu'au second étage.
Je quitte la Tour et je me rends dans la partie du Champ de Mars située du côté de l'avenue de Suffren; les pavillons des républiques américaines se touchent les uns les autres, une profusion de couleurs et de drapeaux, d'ornements et de dômes, de tourelles et de clochetons.
J'arrive au Palais des Enfants où se trouve le grand théâtre de l'Exposition; une salle fraîche, du rose et du bleu; les contes de Perrault en médaillon, des peintures de clowns et de danseuses, le Petit Poucet et Barbe-Bleue, l'Ogre et Peau d'Ane. On joue des pantomimes, on représente des ballets, l'excellent chef d'orchestre, Artus, est là, au pupitre. A côté le Pavillon de la mer, avec ses bateaux en mouvement et le Musée japonais une des plus curieuses reconstitutions de la vie japonaise.
Je traverse le Champ de Mars et je vais du côté de l'avenue de La Bourdonnais; le théâtre des Folies-Parisiennes nous donne une représentation, un ballet très brillant; je vais sur le quai d'Orsay, la rue de l'Habitation nous présente le défilé de ses constructions originales dans lesquelles des marchands de tous les pays fabriquent des objets indigènes.
Je hâte le pas sur le pont d'Iéna, me voici dans les jardins du Trocadéro, une véritable symphonie de couleurs. Toutes les richesses de fa flore, tous les spécimens de l'arboriculture sont là accumulés. C'est la campagne civilisée transportée en plein Paris; c'est la nature perfectionnée par la main de l'homme.
The 1889 Paris world’s fair
Porte d'entrée au quai d'Orsay, dite de l'esplanade
Il faut terminer cette course rapide. Je repasse le pont d'Iéna, je prends à la Tour Eiffel le chemin de fer, qui en quelques minutes nous porte à l'esplanade des Invalides après avoir longé les sections agricoles. C'est la féerie des Mille et une Nuits. On ne voit que dômes et minarets, une débauche d'or, de rouge, un luxe de façades décoratives, ou une construction monumentale comme l'exposition militaire. J'ai vu beaucoup de choses et je n'ai rien vu dans cette course à bâtons rompus et, cependant, j'avais voulu tout voir. Je sors de là ébloui et, je peux le dire sans chauvinisme, plein d'admiration pour une exposition qui fait un grand honneur à la France.
Je la quitte jusqu'à demain avec l'impression ineffaçable d'un rêve, plein de séduction qui se continuera pendant six mois.

Un dimanche à l'exposition

L'Exposition verra certainement beaucoup de dimanches comme celui d'hier; mais enfin celui d'hier restera inoubliable! Les entrées ont atteint le chiffre de 234.727. Il faut dire que le temps était bon, ni trop chaud, ni trop froid, avec quelques averses pas méchantes, tombées à point pour abattre la poussière et égayer la verdure des jardins; aussi, le Tout-Paris des travailleurs, des commerçants, des petits employés. — et c'est le vrai public des dimanches, s'est-il précipité en flots pressés au Champ de Mars et à l'Esplanade.
Dès midi, ce n'étaient dans les rues que tapissières et véhicules étranges, menant à toutes les entrées de l'Exposition. Bien que les guichets soient de plus en plus nombreux, des encombrements et des bousculades regrettables se sont encore produits dans l'après-midi, vers trois heures; mais, en général, la foule se discipline et prend l'habitude de ne pas se bousculer. On arrive avec son ticket tout prêt et l'on passe rapidement, chacun à son tour.
Jusqu'à midi ou une heure, tout va bien d'ordinaire ; mais c'est surtout à partir de deux heures que les visiteurs affluent. Beaucoup apportent des paniers, des paquets, des provisions achetées aux environs, voire même des bouteilles de vin ou de bière.


Ils commencent leur visite un peu au hasard, sans grande méthode, allant où les attire tel objet brillant, telle galerie séduisante.
Quand l'oeil et les jambes sont bien fatigués, ces touristes du dimanche s'asseyent où ils peuvent, dans les jardins ou sous les galeries; vers six heures, ils font sortir les victuailles de leur cachette et se mettent à les attaquer vigoureusement, sans vergogne, les uns sur les marches d'un escalier, les autres sur des poutres, des caisses ou des échelles, laissées là par des ouvriers dont le travail n'est pas encore terminé. On dirait un campement, comme on en voit à Longchamps les jours de grande revue ou de Grand-Prix.
The 1889 Paris world’s fair
Les fontaines lumineuses
Ces dîners improvisés par les gens modestes ou économes ne font d'ailleurs aucun tort aux restaurateurs de l'Exposition, qui; tous, sont pris d'assaut et ne désemplissent pas de la soirée. Pour renforcer le repas pris sur le pouce, les humbles vont chercher un pain, du jambon, du saucisson, une canette, et ils attendent gaîment l'instant où l'illumination générale commencera et où les fontaines lumineuses éblouiront la foule.
C'est alors que ce peuple se masse et s'installe tout le long du bassin ou sous la Tour Eiffel, pour jouir à son aise du spectacle.

Georges Robert
Bulletin Officiel numéro spécimen de l'exposition de 1889.

Inauguration de la statue de la Liberté

The 1889 Paris world’s fair
La Liberté éclairant le monde
C'était hier le 4 juillet, le mémorable anniversaire de la proclamation de l'indépendance des Etats-Unis, à laquelle a contribué si généreusement la France.
Aussi, pour donner une grande fête à l'Exposition, l'administration a-t-elle bien fait de choisir cette date et de remplir la journée entière par des solennités de genres différents.
Mais ce sont les Américains qui ont commencé, le matin, à dix heures, par un pieux pèlerinage à la tombe du général de La Fayette, qu'ils ont en grande vénération, et dont la statue équestre, en réduction, s'élève au seuil de la section des Etats-Unis. Le ministre des Etats-Unis à Paris, le commissaire général de la section de l'Exposition,M. le général Franklin, quelques soldats du piquet de l'infanterie de marine, auxquels nous avons adressé ici même des compliments si mérités; le capitaine Henry Clay Cochrane, le lieutenant Murphy, Un grand nombre de membres du comité et de dames américaines sont venus, malgré l'heure matinale, et ont déposé des couronnes et des fleurs sur la tombe de La Fayette; les soldats ont tiré quelques coups de fusil en l'honneur du grand mort, et l'on a battu et sonné aux champs.
M. Edmond de La Fayette, sénateur, et quelques descendants du héros assistaient à cette cérémonie, grande dans sa simplicité, et qui est la reproduction exacte des honneurs funèbres rendus aux célébrités américaines.
Après une allocution du sénateur français, on s'est séparé, vivement impressionné.
Mais la solennité de l'inauguration de la statue de Bartholdi, la Liberté éclairant le monde, a été, on peut le dire, le clou de cette journée : on en trouvera plus loin les détails.
On se rappelle cette colossale allégorie en cuivre martelé, qui a été expédiée par morceaux à New-York, sur un navire spécial ; on se souvient de la brillante inauguration qui eut lieu, il y a quelques années, dans un fortin de la rade de New-York. Cette statue, de dimensions énormes, est déjà connue de tous les navigateurs qui fréquentent les ports américains, et son fanal étincelant dirige les arrivants.
Certes, nous ne comparerons pas la Seine à l'Océan Atlantique, ni le môle de l'île des Cygnes, à l'îlot de la baie de New-York ; ce spectacle est évidemment moins grandiose et moins imposant.
Mais c'est l'intention gracieuse et amicale qu'il faut voir surtout dans cet échange de statues, dans ce va-et-vient de sympathies et de bons procédés.
La France avait offert aux Etats-Unis une géante de bronze; la colonie américaine lui rend l'édition première de cette statue énorme, et nous la mettons à l'île des Cygnes, comme un souvenir durable de l'amitié des deux grandes Républiques.
C'était la municipalité de New-York qui avait fait les honneurs aux invités français; c'est la municipalité parisienne qui a fait les honneurs aux invités américains, à l'Hôtel de Ville : Cette réciprocité était bien naturelle, et tout s'est passé avec une cordialité et une largeur dignes de Paris.
Le drapeau rouge et blanc an coin bleu parsemé d'étoiles flotte gaiement à côté du drapeau tricolore et la confraternité des deux nations s'est accentuée plus encore pendant cette grande journée.

La fête nationale du 14 juillet 1889

Quoique cantonné dans l'enceinte de l'Exposition, le Bulletin officiel n'en doit pas moins constater que, malgré les averses infiniment trop répétées pendant ce 14 juillet, la fête nationale a été très belle dans Paris, le peuple parisien s'étant mis en branle pour célebrer le centenaire.

The Eiffel Tower(The 1889 Paris world’s fair)
Fête du 14 juillet : l'embrasement de la Tour Eiffel et les illuminations
Connue toujours, le clou de la journée a été la revue de Longchamps. Dès dix heures du matin des files de voitures et des colonnes de piétons s'acheminaient vers le bois de Boulogne. C'est qu'il ne s'agit pas de « se lever tard, comme l'on dit, pour arriver matin », et les bonnes places sont bien vite occupées sur les tribunes et autour de la piste.
Si la revue est un clou dans nos fêtes publiques, il faut constater que, pour chaque revue il y a le clou du clou : c'est-à-dire le clou de la revue. Et c'est le peuple assemblé qui, d'instinct, décerne la palme du jour. Une fois, c'est le bataillon modèle Saint-Cyr ; une autre fois, c'est Polytechnique que l'on acclame plus particulièrement, ou les pompiers, ou les artilleurs, ou les cuirassiers, ou les territoriaux.
Hier, ce fut la troupe des exotiques formée l'Exposition, avec la population multicore de l'Esplanade. On avait formé un détachement de tous les tirailleurs des colonies, cantonnés en ce moment à l'Exposition : tirailleurs sénégalais, annamites, tonkinois, sakalaves, tous avaient été groupés, et sous la conduite d'un cadre d'infanterie de marine, ont défilé à la satisfaction générale : les Asiatiques pieds nus, avec leur pantalon blanc, leur petit chignon, leur ruban rouge et leur chapeau de paille, ont enlevé des bravos par centaines de mille.S'ils ont quel-que amour-propre militaire, cette parade sera le plus beau jour de leur vie.
Pendant tout le temps de ce défilé, les cavaliers arabes, au nombre de vingt ou trente, se tenaient, en escorte. non loin du général Saussier, et regardaient avec autant de curiosité que nous, bien sûr,Ce qui se passait là, devant eux, dans cette immense plaine de Longchamps.
Or, les cavaliers, voyez les curieux caprices du hasard ! spahis en burnous rouge, arabes en burnous blanc et oudjaks, tunisiens en burnous bleu composaient nos couleurs nationales.
Nous avions vu, à nos revues et dans des carrousels, le burnous rouge des spahis d'Algérie; mais nous n'avions pas encore vu les spahis sénégalais, coiffés du casque blanc. Nous avons aussi vu, pour la première fois, défiler des fantassins annamites, ces bons petits soldats, dont beaucoup portent sur la poitrine la Médaille des braves, ni non plus les noirs Sakalaves.
C'était aussi une première pour les « oudjaks » tunisiens, dont on admire chaque jour la fantasia sous les ormeaux de l'Esplanade.
Ces « oudjaks » sont les cavaliers au service des caïds et des contrôleurs civils de Tunisie. Le burnous bleu à liséré rouge est leur uniforme dans toute la Régence. Ils ont été envoyés à Paris avec leurs chevaux. On les a acclamés avec les cavaliers coloniaux qui ont servi d'escorte au général Saussier, gouverneur de Paris.
Pendant la journée, beaucoup de monde au Champ de Mars; mais pas dans les jardins. Saint-Médard ayant été affligé d'incontinence après de longues semaines de... privation, dues à l'intercession de M. Alphand et Berger, a lâché ses écluses!
On s'accoutumait, après tant de semaines de beau temps, à dire « le soleil de M. Alphand », le « soleil de M. Berger », comme on disait le « soleil d'Austerlitz ».
C'est que c'est aussi un « Austerlitz » cette victoire de notre grande et belle Exposition : victoire de paix et de progrès remportée, non pas sur le monde entier, mais. pour le monde entier!

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